Deux profils de mesures du champ magnétique terrestre ont été réalisés à une altitude moyenne de 35 km sur une distance de 6000 km (après épuration des données) au-dessus du Pacifique Est, par ballon stratosphérique du CNES, emportant un magnétomètre à protons. Le champ principal, ainsi que les variations magnétiques transitoires d'origine externe ont été soustraits en tous points de mesures disponibles le long des profils.
Les deux profils d'anomalies obtenus mettent en évidence deux anomalies d'amplitudes significatives (-100 à -120 nT) et de longeurs d'ondes intermédiaires (de l'ordre de 800 à 900 km). Ces anomalies ont une origine profonde, elles sont caractérisées par un contraste d'aimantation négatif, probablement lié à une anomalie thermique. Celle-ci s'exprime probablement par une redistribution de l'aimantation dans la plaque lithosphérique.
Nous avons comparé ces deux profils aux anomalies MAGSAT (400 km d'altitude) et aux données de tomographie sismique ainsi qu'à l'anomalie du géoide, et à l'anomalie à l'air libre. À l'issue de cette étude, il ressort que les longueurs d'ondes intermédiaires de 100 à 1200 km sont porteuses d'informations nouvelles qui sont inaccessibles aux levés classiques (P. Mouge, 1994) ainsi qu'aux études satellitaires de type Magsat (Y. Cohen, 1989).